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The Silk Road/ La Route de la Soie (en Francais): Karachi (I)

April 9, 2008

La Route de la Soie ou la premiere d’un jeune baroudeur parisien

par Etienne Jaboeuf

28 juillet 2004, Karachi

Karachi : une ville qui s’étend à perte de vue du hublot de notre avion. Après notre descente d’avion, nous sommes accueillis dans les locaux de l’aéroport international Mohammad-Ali Jinnah par une musique sourde ; nos passeports tamponnés par les agents des douanes pakistanais, nous nous dirigeons vers la porte de sortie que je perçois comme une lumière aveuglante, qui, une fois franchie, laisse la place à une immense foule ou plutôt un attroupement, qui scandent des noms et des mots dans une langue qui m’est inconnue. C’est la première fois que je foule le territoire d’un pays au-delà du détroit des Dardanelles, conformément au serment que je m’étais fait à moi-même l’année précédente.

 

Si je me fie à ma première impression, je dirais que Karachi est une ville en guerre, tout au moins un gigantesque chantier, en raison de son sensible accroissement démographique. Le quart de sa population est âgé de 18 à 25 ans, me dit-on. Le panorama de la ville que j’avais eu depuis le hublot de l’avion est confirmé. C’est une très forte ségrégation sociale qui y règne avec d’un côté l’ancien quartier du colonisateur britannique, Clifton, aux massives maisons « upper-class » et sa mosquée bâtie par le Sultan de Dubaï. De l’autre côté, ce sont de nombreux bidonvilles que nous traversons durant notre trajet en taxi. A chaque arrêt dans le tumulte des carrefours routiers, surgissent des mendiants qui viennent taper à la vitre de notre véhicule ; ils sont le plus souvent des vieillards, femmes accompagnées d’enfants, des enfants ou des infirmes.

 

 

Notre taxi nous dépose dans l’hôtel que nous avons réservé, situé dans un autre quartier aisé de la ville, Defence. C’est en fait davantage une résidence insérée dans un large complexe sportif hermétiquement fermé par de hautes grilles peintes en noir et un garde armé à l’entrée.

 

 

Après quelques heures de repos, Octave et moi tentons une expédition, jugée à hauts risques, sur le bord de mer de Karachi. Un épais brouillard règne sur cette plage sombre et où personne ne se baigne, de façon tout à fait insolite pour le parisien que je suis. Mon ami étant blond, nous sommes tout de suite repérés… par un groupe de collégiennes qui veulent nous prendre en photo ! L’arrivée d’un vendeur de barres de mars, âgé d’une dizaine d’années, vient compléter cette première mise en confiance inattendue. Mais il n’arrive pas à nous refiler la moindre marchandise et repart. Un deuxième vendeur, du même âge, tente sa chance avec un grand sourire. Face à notre refus de lui acheter quoique ce soit, il nous propose un marché : il choisira la meilleure barre chocolatée de son panier ; et effectivement, après une palpation méticuleuse, il nous en propose une, que nous devons bien lui acheter, faute d’argument à lui opposer.

 

 

31 juillet 2004, Karachi

Ce que je découvre être le « Bazar » de Karachi est un lieu immense, à l’image de cette ville, bruyant, désordonné, qui crache et avale clients et marchands. Les petites échoppes se suivent, sans se ressembler véritablement. C’est véritablement un lieu de vie, à mille lieues de la pasteurisation européenne ou même celle de notre hôtel. Je dirais même fascinant.

 

 

Il m’a même été par la suite permis de visiter le bazar aux appareils photographiques. Une lentille a été sortie à la demande d’Octave, qui la regarde avec envie, mais dans l’impossibilité de l’acquérir en raison de son prix trop élevé. Moi, je regarde, stupéfait. Comme je ne savais pas quel appareil je voulais, je repartirai « bredouille », six jours avant mon départ pour Istanbul, où je dois poursuivre seul ma traversée.

 

 

Enfin, le bazar des tissus est certainement le lieu le plus incroyable, où les plus belles étoffes de cachemire s’étalent dans tous les recoins. Je crois que j’ai du acheter pour pas moins de 150 euros de tissus, avec beaucoup d’inconscience sur la suite de mon périple…

 

 

1er août 2004, Karachi

J’ai cette sensation de partir pour le vide, en évoquant avec Octave mon envol vers Istanbul programmé le 6 août au matin. Je suis presque à l’avant-veille de « l’expérience la plus intense de ma vie », comme il dit. C’est très étrange. Je suis me dit que je vais certainement être amené à perdre toutes mes sensations de sécurité, loin des taxis climatisés et fermés hermétiquement que je prends encore ici. Entrer en contact avec des « inconnus ». Mais ça, ce n’est qu’après coup que je pourrai le comprendre le commenter. Bref, dans trois jours le grand saut.

 

 

4 août 2004, Karachi :

L’avion est à 8 heures du matin, mais les règles d’embarquement m’imposent d’être à l’aéroport deux heures avant. Un chauffeur m’y accompagne. Une fois arrivé, j’enfile mon sac à dos tiré du coffre et je passe cette même porte qui m’avait tant impressionnée voici une dizaine de jours. Mes bagages enregistrés, je présente mon passeport au poste des douanes où il est tamponné par un « EXIT ». Je ne sais pas si je repasserai par ce même poste ne serait-ce que pour rentrer en France. Tout ce que je sais c’est que j’ai un aller simple pour istanbul depuis Karachi et que je suis toujours titulaire de mon retour pour Londres, au départ de Karachi. En résumé, je ne sais toujours pas ce que je vais faire après avoir atterri à Istanbul. Tenter de retourner à Paris par la route (c’est-à-dire la fin de la Route de la Soie) ou alors rallier Karachi en allant vers l’Est.

Mon vol doit faire une escale à Dubaï, avant de redécoller vers Istanbul, mais le sommeil m’envahit avant.

 

Vu d’avion, Istanbul est un site époustouflant…to be continued…

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